L’élevage industriel

Sommes-nous ce que nous mangeons ?

 

Poules pondeuses

 

Il y a une semaine avait lieu la 31ème édition de la « Journée sans viande », défi difficile à relever pour la plupart des français qui consomment en moyenne 88 kg de viande par personne et par an. Saignante ou bien cuite, marinée, braisée ou fumée, rôtie au four ou encore dorée à la poêle, la viande offre en effet un large éventail de saveurs et séduit de nombreux palais. Ces dernières années pourtant, de nombreuses études scientifiques et scandales alimentaires sont venus remettre en cause l’élevage industriel. A l’heure où les labels qualités fleurissent dans les rayons des grandes surfaces, savons-nous réellement quels sont les enjeux de ce secteur ?

Un régime carné pour une santé de fer ?

             En France nous mangeons en moyenne 240 g de viande par jour, ce qui représente environ deux steaks hachés et le double de nos besoins journaliers. Nombreux sont ceux qui considère la viande indispensable à leurs repas, pourtant les nutritionnistes s’accordent sur le fait qu’elle n’est pas essentielle à l’organisme et qu’une consommation excessive accroît fortement les risques de cancer du côlon, de diabète et de maladie cardiovasculaire. Certes, une alimentation carnée est source de protéines nécessaires à l’organisme, mais celles-ci se trouvent également dans d’autres aliments. Il ne faudrait donc pas dépasser 30 % de protéines animales sur l’ensemble des apports en protéines journaliers. Or, en moyenne, 70 % des protéines consommées par les Français sont d’origine animale.

         En théorie, la consommation de viande en quantité raisonnable (deux à trois fois par semaine) n’est donc pas contre-indiquée, toutefois la santé des amateurs de chair fraîche est aujourd’hui menacée par les méthodes de production industrielles. L’énorme quantité d’animaux élevés hors-sol, confinés et dotés d’une variabilité génétique très pauvre créé des conditions idéales pour l’émergence et la propagation de nouveaux virus. Les élevages industriels utilisent couramment des antibiotiques pour prévenir ces maladies liées à la promiscuité des animaux, or cette pratique favorise justement l’antibiorésistance des bêtes, et accentue ainsi les risques d’épidémie (salmonella, E. coli,…). D’après l’OMS, la moitié des antibiotiques produits dans le monde est ainsi destinée aux animaux. Depuis 2006 en Europe, ceux-ci ne peuvent plus être utilisés pour accélérer la croissance du bétail, mais cette interdiction ne s’applique pas aux Etats-Unis.

Le saviez-vous ?

Il semblerait que les végétariens aient en moyenne une durée de vie supérieure au reste de la population. Si cette hypothèse n’est pas encore confirmée, il est par contre certain que la consommation de viande et de produits d’origine animale n’est pas nécessaire au développement musculaire et la pratique du sport. Carl Lewis, par exemple, est l’un des champions olympiques végétaliens les plus connus. De 1979 à 1996, il a remporté dix médailles olympiques dont neuf en or.

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Environnement et bien-être animal : les questions qui dérangent

             Le problème de la souffrance animale est régulièrement mis sur la table par les détracteurs de l’élevage industriel. Un prédateur, une proie, quel mal à ça ? Il ne semble en effet pas choquant d’abattre un animal pour se nourrir. Le constat reste-t-il le même cependant, lorsque l’élevage traditionnel est remplacé par une production industrielle à grande échelle ? Dès la naissance, des mutilations sont pratiquées pour adapter les animaux au goût des consommateurs ou pour optimiser l’espace. Les becs des poulets sont amputés, les pattes des canards dégriffées, la queue et les dents des cochons coupées, et la liste ne s’arrête pas là. Si les questions d’éthique sont difficiles à trancher concernant la consommation de viande, le verdict est sans appel lorsque l’on s’intéresse aux modes de production et d’abattage actuels.

        Au-delà des considérations sur le bien-être animal, on constate qu’en termes d’impact environnemental l’élevage industriel est également loin d’être exemplaire. Tout d’abord, si l’on s’intéresse aux causes du réchauffement climatique, on remarque que ce secteur trône à la première place. Ses émissions de gaz à effet de serre représentent 18% du total des émissions et dépassent ainsi celles du secteur des transports. La production de viande est également la première cause de pollution de l’eau : déchets animaux, antibiotiques, pesticides nécessaire à la production de nourriture, les sources de contamination de manque pas. On attribue par exemple la prolifération des algues vertes en Bretagne à l’élevage porcin intensif. La déforestation est également due en grande partie à la production de viande. L’élevage nécessite d’énormes quantités de céréales pour nourrir le bétail, et c’est ainsi une surface équivalente à celle de la Belgique qui est déboisée chaque année pour laisser place à des cultures. Ce besoin de grands espaces et de céréales en abondance accentue également les problèmes de sous-nutrition dans certains pays en développement. Dans le monde, 70% des terres agricoles sont en effet destinée à nourrir les animaux et non pas les hommes.

Le saviez-vous ?

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Quelques mots de conclusion…

             Trois repas par jour, c’est trois occasions de prendre du PLAISIR, de titiller ses papilles et de contenter son estomac, un régime végétarien n’est donc pas à envisager s’il est source de frustrations. Néanmoins, la consommation de viandes de meilleure qualité et en plus petites quantités est nécessaire à tous les niveaux, a fortiori lorsque l’on estime à 9 milliards le nombre d’individus sur terre en 2050. Le développement des pratiques à risque et la prolifération de viandes bas de gamme sont directement liés à l’explosion de la consommation au XXème siècle. En modifiant nos habitudes alimentaires, on peut donc favoriser le retour à une production locale, issue de l’agriculture biologique ou tout au moins raisonnée, permettre aux poulets de revoir la lumière du jour, préserver l’environnement et notre santé, et tout ça en redécouvrant le goût d’un vrai faux-filet. Alors, qu’est-ce qu’on attend ?

            Pour les plus motivés ou les curieux tentés par l’expérience végétarienne, voici les trois grandes sources de protéines végétales qui remplacent les protéines animales :

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Jeanne Perrine – mars 2015