Solar Impulse

L’innovation au service du développement durable

 

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     Aujourd’hui, ¼ des émissions de gaz à effet de serre trouve son origine dans le secteur des transports, d’ailleurs le transport aérien représente à lui seul 3% des émissions de CO2. Heureusement, l’innovation existe et aujourd’hui, nous vous proposons un focus sur Solar Impulse, le premier avion alimenté et propulsé par l’énergie solaire. Vous en avez sans doute entendu parler, puisqu’il a entamé son tour du monde le 9 mars, il y a donc à peine quelques jours !

1. Solar Impulse, c’est quoi concrètement ?

     Ce sont Bertrand Piccard et André Borschberg, deux pilotes d’origine suisse, qui ont élaboré ce concept à l’Ecole Polytechnique fédérale de Lausanne. Ce projet est simple : parvenir à faire voler de jour comme de nuit, sans carburant ni émission polluante pendant le vol un avion monoplace à moteurs électriques, alimenté uniquement par l’énergie solaire. Le but : faire parcourir le tour du monde à cet engin de 2,4 tonnes, 72 mètres d’envergure et composé de 11 628 cellules photovoltaïques.

     Les premières réflexions autour de ce projet ont débuté dès 1999, il y a donc une quinzaine d’années, alors que les inquiétudes concernant les émissions de gaz à effet de serre et le réchauffement climatique prennent de plus en plus d’ampleur…

     Une dizaine d’années plus tard, une fois le prototype conçu et fabriqué, Solar Impulse effectue son premier vol le 8 juillet 2010 : 26 heures et 9 minutes sans interruption, un an plus tard, c’est son premier vol international, puis les choses s’enchaînent très rapidement : en 2014, le premier avion Solar Impulse est mis en vente et le 8 février Solar Impulse 2 est livré en pièces détachées à l’aérodrome de Payerne ; la présentation officielle du second prototype Solar Impulse 2 a lieu au même endroit quelques mois plus tard. Il réalise son premier vol d’essai sur la base militaire de Payerne ; au pilotage se trouve Markus Scherdel, pilote d’essai allemand, qui a réalisé les premiers vols de Solar Impulse 1.

     Enfin, de mars à juillet 2015 il tentera d’arpenter le monde en plusieurs étapes et c’est d’ailleurs le 9 mars, il y a quelques jours, que Solar Impulse a décollé d’Abou Dabi, qui sera également la ville d’arrivée. 12 destinations sont prévues en passant par l’Inde, la Chine, la Birmanie, les Etats-Unis et probablement l’Europe du Sud ou le Maroc.

Le saviez-vous ?

     Le transport aérien contribue fortement aux émissions de gaz à effet de serre et L’Europe pourrait bientôt lui imposer des quotas d’émission… Un passager en avion consomme 140 grammes de CO2 au km, contre en moyenne 100 grammes en voiture (sur la base d’1,8 passager par véhicule, en France). Selon l’IFEN, plus la distance est courte, plus l’avion est émetteur par rapport à la voiture, l’aller-retour Paris/New-York par exemple équivaut à un quart des émissions liées à la consommation annuelle d’un français.

     Au niveau mondial, l’accès aux modes de consommation occidentaux de pays en voie de développement comme la Chine et l’Inde notamment est en passe de faire exploser les émissions de CO2.

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2. Solar Impulse : une prouesse technologique mais également un symbole, un espoir

     En effet, les chances de pouvoir concevoir, fabriquer et utiliser un avion fonctionnant à l’énergie solaire étaient jugées très faibles (d’où l’élaboration d’un premier prototype avant de débuter l’aventure du tour du monde). C’est également une prouesse physique pour nos deux aviateurs qui parcourront le monde dans un cockpit non pressurisé et non chauffé (tandis qu’ils connaîtront des températures extrêmes de -40 à +40 degrés). Endurance et Vigilance seront les maîtres mots pour ces experts qui s’attaquent à un défi de taille. « Il s’agit du seul avion au monde qui peut voler plusieurs jours d’affilée, sans jamais s’arrêter. Nous devons maintenant rendre le pilote aussi « durable » que l’avion » déclare André Borschberg.

     Finalement, cet avion représente un symbole, un espoir : l’énergie solaire est désormais perçue concrètement comme une nouvelle alternative, applicable au secteur des transports mais également à plus large échelle. Bien sûr, il existe encore énormément de progrès à faire, notamment d’un point de vue technique, afin de généraliser l’usage d’une telle énergie.

     Mais soyons optimistes : Il y a eu des pionniers pour la machine à vapeur, pour la première voiture ou encore pour la télévision… Aujourd’hui des hommes ont conçu un titan volant capable de se déplacer dans le ciel sans carburant ni autre gaz polluant. Si l’on ne peut pas encore parler de victoire, parlons alors d’une prouesse qui ouvre la voie à d’autres progrès remarquables.

Le saviez-vous ?

     Voilà quelques petites comparaisons pour vous éclairer : certains gaz à effet de serre ont une durée de vie extrêmement longue, si le méthane disparaît en 10 ans, le CO2 a une durée d’existence de plus de 100 ans. En revanche en ce qui concerne le potentiel de réchauffement , le niveau d’émission du méthane est 20 à 23 fois plus puissant que celui du CO2. Notons enfin que le premier gaz à effet de serre émis est la vapeur d’eau.

Quelques mots de l’auteur…

     On l’entend au quotidien, l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre vient bouleverser la biosphère… Mais ce qui est intéressant ici c’est la manière dont des hommes essaient d’inverser la tendance et comment chacun, à son échelle, essaie d’agir ! L’innovation est aujourd’hui une clé pour réussir à s’en sortir, tout comme l’accumulation des petits gestes de chacun.

     N’oubliez pas : Vous êtes concernés !

Julie Beucher-Flament, avril 2015