Le compost en ville, utopie ?

Le compost en ville, utopie ?

Par Ronan K. / Novembre 2015

compost

Le tri est aujourd’hui rentré dans les habitudes d’une grande majorité des Français. Nous trions ainsi les journaux, les verres, les boîtes de conserves…

Mais quid des déchets organiques ? En milieu rural le compost commence à se développer. Il est en effet beaucoup plus facile de trier ses déchets biodégradables lorsqu’on possède un jardin, ou du mois un espace extérieur susceptible d’accueillir cette quantité importante de déchets. Car oui, il ne faut pas négliger ce type de déchet, il représente jusqu’à 30% du poids de nos poubelles.

Composter, c’est moins polluer.

D’une part, trier ses déchets organiques permet de diminuer de façon remarquable son empreinte énergétique. En effet, la collecte et le traitement des déchets représentent un coût financier mais aussi énergétique avec un fort rejet de gaz à effet de serre. Et sachant que les déchets énergétiques peuvent représenter jusqu’à 30% de la composition des poubelles usagères, composter permet une économie d’énergie très importante.

D’autre part, composter c’est créer des éléments organiques très enrichissants pour le sol. Les déchets compostés forment de l’engrais, matière essentielle au bon développement des plantes. Ce système permet ainsi d’utiliser moins d’engrais chimique et donc de moins polluer.

On fait comment quand on habite en ville ?

Il existe différentes solutions pour composter même en habitant en ville, au quatrième étage d’un appartement.

La première, la plus individuelle, est le lombricompostage. C’est une «boîte» hermétique qui renferme des vers de l’espèce Eisenia. Ces travailleurs de l’ombre sont friands de déchets végétaux (épluchures, fleurs fanées), céréaliers (pain, pâtes, riz), de coquilles d’œuf, de marc de café, de sachets de thé et même de papier et de carton !

Étanches, les composteurs ne laissent aucune chance à l’évasion. Aucun risque donc de se retrouver avec des vers grouillants dans sa cuisine. De plus, les lombrics n’apprécient pas la lumière. Ils préfèrent rester enfouis sous terre. Si l’idée d’avoir une boîte de vers dans votre cuisine vous rebute vraiment, vous pouvez toujours placer le composteur sur votre balcon. La température idéale pour ces petites bêtes se situe entre 15 et 25°C.

Si vous prenez bien soin de ces travailleurs, vous n’aurez plus à vous en occuper après les avoir introduits dans la boîte. Les vers se reproduiront naturellement. Ils s’appliqueront à la tâche tant que vous les nourrirez. Le seul contact que vous aurez avec les vers sera lors de la récupération du compost. Il faudra faire le tri entre les vers et l’engrais. Une tâche qui rebute plus les adultes que les enfants.

La deuxième, plus collective, est l’installation de composteurs collectifs au pied des immeubles. Ces composteurs collectifs commencent à se multiplier en bas des immeubles dans certains quartiers des grandes villes. De plus le gros avantage de ces composts est que l’habitant ne s’occupe que de le remplir, ce sont bine souvent des associations qui les vides pour les redistribuer aux habitants ou les donner aux jardins partagés.

Pourquoi cela va se généraliser ?

Tout d’abord les gens sont tout simplement de plus en plus sensibilisés au développement durale et tente de moins polluer qu’avant. Or composter est une action simple à réaliser et permet de réduire son empreinte écologique.

De plus, les communes se dirigent petit à petit vers une tarification au poids du traitement des ordures, si on considère que 30% de nos déchets sont constitués de déchets organiques, cela représentera une économie non négligeable pour les ménages.