Dix jours pour démarrer le changement

COP 21 : jour J

Par Amandine G. / Novembre 2015

cop21

            Top départ ce lundi 30 Novembre pour la COP 21 au Parc des Expositions du Bourget à Paris.

            Cette conférence, tout le monde en parle mais  savons-nous réellement ce que représente ce rendez-vous international ? Comment tout cela est organisé et quels sont les acteurs de la diplomatie du climat ?

Derrière les portes du Bourget , qui va négocier l’accord ?

            Au départ, ce sont les chefs d’Etat qui donneront le la. A la tribune, ils auront 3 minutes pour annoncer leurs ambitions. 195 pays + l’Union Européenne soit 196 parties en tout participent aux négociations.

            Puis ce sera au tour des ministres et des délégués de chaque pays de prendre le relai. Ces délégués sont des experts du climat, des juristes ou encore des diplomates. Il peut y avoir de 1 à 100 délégués par pays.

Quel est le scénario de ces négociations ?

            Il faut savoir que les négociations ne partent pas de 0. Depuis un an, tous les pays travaillent à l’élaboration d’un accord. Ils ont tous envoyé des contributions c’est-à dire  des idées qui ont été synthétisées dans un même texte faisant une trentaine de pages qu’il va falloir préciser mot par mot : 1200 phrases doivent être complétées.

Comment se déroulent les négociations ?

            Les négociations se déroulent en deux temps. D’un côté il y a les plénières, véritable théâtre des négociations au cours duquel les Etats travaillent collectivement. En deuxième temps, des négociations cachées ont lieu en coulisses. Dans le pavillon des tractations, chaque pays dispose d’un espace où ses négociateurs travailleront et où les ministres pourront avoir leurs réunions bilatérales.

A l’arrivée que dira l’accord ?

            L’objectif est clair : limiter le réchauffement climatique à 2 degrés d’ici la fin du siècle.  Seulement pour être adopté, le texte devra être voté à l’unanimité. La question en suspens pour le moment est de savoir si accord il y a, à quel point sera-t-il contraignant.

Qu’en est-il de la position américaine ?

            Barack Obama est le premier président américain convaincu de l’urgence climatique et quasiment en croisades chez lui dans son propre pays. On peut notamment le voir en Floride préconisant une montée des eaux catastrophique ou encore en Alaska dénonçant la fonte des glaces. Ses engagements sont assez forts.

            Le problème est qu’il n’a pas les mains libres. En effet, le lobby industriel allié aux conservateurs freinent toute initiative de sa part. Ce lundi, le président américain arrive avec une condition à Paris : que l’accord ne soit pas juridiquement contraignant sans quoi le congrès risque de le rejeter.

            Au final, Barack Obama aimerait être à la hauteur de ce combat climatique mais il n’a pas encore tous les moyens politiques à sa disposition.

La Chine a-t-elle pris conscience de l’enjeu climatique ?

            La réponse est oui. Désormais, la Chine s’éveille à l’écologie et entend faire des efforts. Elle a compris que l’écologie était un accélérateur de croissance.

             Cela devient quasi vital en ce moment à Pékin. Les piques de pollution qui dépassent généralement 10 à 20 fois la norme de l’OMS ont provoqué une prise de conscience de la population et du gouvernement. Le pays qui était un frein est devenu un moteur dans le combat face au réchauffement climatique. Les chiffres le montrent : la Chine est désormais le pays qui produit le plus d’énergies propres dans le monde.

            Le président Xi Jinping s’est engagé à  inverser la courbe de production des gaz à effets de serre à partir de 2030 mais cet objectif pourrait être atteint bien plus tôt. En plus de cela,  il a accepté un mécanisme d’inspection, mécanisme que les Etats-Unis ont refusé.

En quoi la conférence de Paris marque-t-elle un tournant dans la lutte contre le réchauffement climatique ?

            Ce sommet pour la planète est avant tout un sommet pour la paix. Le monde s’est mis en marche et après la prise de conscience nous devons désormais passer à l’action. Comme le disait Jacques Chirac en 2002  au IVème sommet de la Terre à Johannesburg : « Notre maison brûle, nous regardons ailleurs. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas. Prenons garde que le XXIème siècle ne devienne pas pour les générations futures celui d’un crime de l’humanité contre la vie ». Après cette conférence, les chefs d’Etats devront montrer le chemin.

 

La COP 21 ou la COP de la dernière chance ?

            Si la conférence de Paris n’avait pas eu lieu, nous aurions certainement perdu la bataille du climat. Ce qui se passe actuellement est la suite d’un long processus qui dure depuis 3 ans. Les Etats s’y sont préparés et il est désormais temps selon Nicolas Hulot de « rehausser nos ambitions » et que les pays les plus riches assument leurs responsabilités.

            Ce sommet pour la planète est avant tout un sommet pour la paix. L’enjeu climatique est un enjeu humanitaire, de paix, et de santé. Tous les acquis confortés par les générations précédentes seront soit renforcés soit zappés. L’Humanité peut se ressaisir, on peut avoir un sursaut et c’est à Paris qu’il doit avoir lieu.