Décroissance et résilience : l’heure est à l’apprentissage de vocabulaire !

Dans un contexte actuel où la croissance économique semble être le chemin à suivre par les pays pour prospérer, il semble cependant en inadéquation avec les réserves naturelles fournies par la planète. En effet l’économie actuelle est basée sur la recherche d’une croissance infinie. Pourtant c’est cette croissance infinie qui fait que selon le dernier rapport OXFAM : les 26 premiers milliardaires mondiaux détiennent à eux seuls autant d’argent que les 50% les plus pauvres de la population mondiale. C’est ainsi cette croissance qui creuse les inégalités. De plus, ce système n’est pas un système durable puisqu’il repose sur une production toujours plus élevée pour permettre une consommation équivalente. Le problème qui se pose dès lors est la consommation des ressources naturelles qui elles ne sont pas infinies. En 1971 on estimait que l’on avait épuisé notre budget annuel de ressources naturelles le 21 décembre, l’année dernière cette date s’est avancée au 1er août. Notre consommation actuelle nécessite 1,7 planètes : pas très viable non ? Les pays industrialisés, les plus énergivores et polluants restent cependant le modèle à suivre pour des pays en cours de développement ou les moins avancés.

Pour panser ce problème, en 1972 émerge le principe de décroissance avec la publication du rapport Meadows intitulé « halte à la croissance ». En deux mots, il s’agit d’un rapport mené par des chercheurs du MIT, qui estime que si nous continuons à consommer de la sorte nous serions en passe d’atteindre un point de rupture autour de 2030 car la dégradation de l’environnement et la baisse des disponibilités naturelles provoqueraient une baisse de la qualité de vie ainsi qu’une baisse de la population mondiale. Les adeptes de la théorie de la décroissance pensent également que le développement durable n’est pas suffisant pour résoudre le problème, ils préconisent la réduction de la consommation, l’acceptation d’une baisse de la production et l’adoption d’objets plus durables ( bye bye l’obsolescence programmée). La décroissance s’inscrit également dans une volonté de réduire le temps consacré au travail rémunéré et de dédier plus de temps à la vie en communauté, à l’échange de biens et de services et enfin à l’entretien de nos possessions matérielles et au plus haut stade à l’auto-suffisance. Finalement il s’agit là d’éloigner la notion de propriété privée, de se rapprocher de celle d’égalité et des circuits de production locale.

En bref, si l’on opte pour cette option on fait preuve de résilience : on surmonte une crise en s’adaptant et en trouvant des solutions viables. Car la définition même de résilience appliquée à l’écologie consiste en la faculté d’un écosystème de retrouver ses équilibres initiaux après avoir subi des altérations dont les causes peuvent être d’origines multiples (naturelles ou humaines). Et on peut encore penser la résilience sous différents angles : à l’échelle communautaire ou au niveau de l’urbanisme. Tout est à repenser pour nous adapter à ce choc vers lequel nous semblons nous diriger. C’est pourquoi développement durable et RSE sont des domaines d’espoir qui nourrissent ceux en demande d’un changement viable et d’un système plus juste.

 

Romane