Les idées reçues sur le VIH et le SIDA

          Je suis pour moins anxieux aujourd’hui alors que je n’ai aucune raison de l’être : il fait beau, plutôt chaud en cette fin de mois de Mai. À vrai dire je voudrais bien être en terrasse à siroter une bière bien fraîche mais non, je suis coincé chez moi à attendre un livreur qui n’arrive pas. Il faut pourtant qu’il vienne, il m’apporte quelque chose de très important pour cet article.

Bon sang il est presque 17h et il n’est toujours pas là. Je commence à envisager de faire venir une liste BDA pour un petit rallye ambiance quand soudain, le bruit tant attendu de ma sonnette vient rompre le silence de mon appartement. Je me précipite à la porte pour ouvrir, signe le bon et déballe mon paquet pour en sortir une tenue de déminage ! Bon il est vrai que pour le sujet du jour je ne devrais trop en avoir besoin. Après tout, je m’en vais aborder un sujet connu et médiatisé donc ça devrait aller mais quand on voit le nombre d’idée reçues qui existent, mieux vaut prendre ses précautions.

Sans plus attendre, rentrons dans le vif du sujet et parlons (même si l’expression « lisez » me semble plus juste) du SIDA et du VIH.

Chroniquons !

 

          Le VIH (pour Virus de l’Immunodéficience Humaine) est un charmant petit truc qui s’amuse à détraquer le système immunitaire de l’Homme de telle sorte que ce dernier devient quasiment inefficace. Le SIDA (pour Syndrome d’ImmunoDéficience Acquise) est quant à lui le dernier état (donc le plus grave) de l’infection provoquée par le VIH.

Comme le système immunitaire est détraqué, les personnes atteintes deviennent extrêmement sensibles aux maladies (i.e elles sont toutes beaucoup plus dangereuses puisque le corps ne peut plus se défendre). Ainsi, des maladies normalement bénignes peuvent devenir mortelles. Par exemple, Freddy Mercury (je ne vous fais pas l’injure de vous dire qui c’est) est mort d’une pneumonie en 1991 alors qu’il était porteur du VIH.

Cette pandémie car on parle bien de pandémie, commence à se répandre dans les années 70. C’est assez difficile de dire où la pandémie à précisément débuté. Ce dont on est sûr, c’est que les premiers malades ont été diagnostiqués parmi la communauté homosexuelle américaine dans les années 70 avant que les chercheurs puissent isoler le virus en 1983.

Différents traitements ont depuis été mis au point depuis mais aucun ne permet de guérir du SIDA, c’est une infection malheureusement à vie. En fait ces traitements servent à « endormir » le virus pour en atténuer les effets.

Maintenant que les bases du virus et de l’infection ont été posées, il est grand temps d’écrire le cœur de cette chronique : les idées reçues sur le VIH et le SIDA.

Débunkons !

 

          Afin de débunker ces idées reçues, nous allons simplement prendre les idées reçues les plus communes une par une pour les examiner.

Commençons par la première : comme je l’ai dit précédemment dans cette chronique :

Le VIH et le SIDA ne sont pas la même chose !

Le VIH est un virus tandis que le SIDA est une pathologie causée par ce virus, plus précisément, le SIDA est le dernier stade de l’infection pour une personne porteuse du VIH.

 

Parlons maintenant d’une grande phobie : le mode de transmission. Là c’est simple :

Le VIH se transmet par le sang et les sécrétions sexuelles uniquement !

Autrement dit, la salive et l’air ne transmette pas le VIH. Donc, vous pouvez partager le repas d’une personne séropositive sans danger, ou encore l’embrasser en toute tranquillité.

Pour attraper le VIH, ce que je ne souhaite à personne évidemment, il y a plusieurs moyens :

Avoir un rapport sexuel non protégé (ça vaut également pour la fellation étant donné que la bouche présente fréquemment des lésions mais il n’y a presque aucun danger pour le cunnilingus).

La transmission de la mère à l’enfant pendant la grossesse : en effet, il y a des échanges de sang entre les deux via le cordon ombilical donc si la mère est malade, son enfant le sera aussi. De plus, allaiter son enfant au sein est aussi un facteur de transmission.

L’usage de matériel médical non stérilisé. En particulier les seringues puisqu’il y a un contact avec le sang. Ce dernier cas concerne entre autres les consommateurs de drogues qui se prennent par injection intraveineuse.

 

Il est temps de parler de la prévention. Ici, il n’y a pas 36 solutions. Il n’y en a en fait qu’une qui soit vraiment efficace :

La capote !

C’est assez simple de comprendre pourquoi : ce petit capuchon de caoutchouc (coucou Les Inconnus) empêche le contact de la verge avec les muqueuses, donc le sperme n’entre pas en contact lui aussi (évidemment si la capote présente un défaut de fabrication, elle va moins bien marcher).

Mais supposons que malgré ces précautions, vous ayez un doute, une frayeur, voici la marche à suivre :

– Rendez-vous aux urgences sous 48h.

– Si le médecin l’estime nécessaire (mais dans le doute mieux vaut faire le traitement), il va vous donner un Traitement Post-Exposition (TPE). Il faut suivre cette thérapie pendant un mois afin de limiter les risques de contamination puis un infectiologue va vous suivre pendant encore 3 mois.

Si vous voulez vous faire dépister, il y a 2 options :

– La prise de sang, soit dans un centre de dépistage gratuit et anonyme (CDAG) ou en laboratoire d’analyse médicale. Cette méthode donne des résultats 4 à 6 semaines après l’infection.

– Le test de dépistage disponible en pharmacie. Il demande une simple piqûre au doigt mais il ne donne des résultats que 3 mois après l’infection.

 

Enfin, pour les personnes séropositives, il n’y a aucune cure possible. Je vous l’ai dit tout à l’heure. Toutefois, je dois vous dire que deux personnes ont été guéries. Mais elles ont subi des traitements expérimentaux et surtout, elles sont toujours suivies par des médecins.

Cette chronique est à présent terminée, ma tenue de déminage n’aura finalement pas servi à grand chose mais je pourrais en avoir besoin si un jour je décide de m’occuper des anti-vaxx. Sur ce, je vous souhaite de passer une bonne journée, aimez-vous les uns les autres mais en vous protégeant.

 

La SA’bise

 

 

Sources :

https://www.sciencesetavenir.fr/sante/sexualite/plus-d-excuse-aux-idees-recues-sur-le-sida-et-le-vih_111555